Pleins feux sur le Conseil communautaire : Dawn Smallridge
L’expérience vécue, la présence, la compassion et la force de la voix collective
22 juin 2026.
Tout au long de sa carrière, Dawn Smallridge s’est engagée à accompagner les personnes au cœur de leurs épreuves les plus difficiles. Comme préposée aux services de soutien à la personne, doula de fin de vie et accompagnatrice en deuil, elle a découvert que la présence demeure l’offrande la plus puissante qu’un être puisse accorder à un autre. C’est ce même engagement qui l’a amenée à siéger au Conseil communautaire de l’ÉSO FLA, où elle contribue désormais à façonner la manière dont les soins de santé sont vécus dans la région de Frontenac, Lennox et Addington.
Pour mieux connaître Mme Smallridge, nous l’avons invitée à nous faire part de ce qui nourrit son engagement, ce qu’elle observe au sein de la communauté et la contribution qu’elle aspire à y apporter.
Une bonne raison de s’impliquer
Le cheminement de Mme Smallridge vers le Conseil communautaire s’est forgé au fil des années d’expérience, à la fois personnelle et professionnelle, au sein du système de santé, lui permettant de porter un regard lucide sur ses forces comme sur ses failles.
« Les soins de santé et le soutien communautaire ont profondément marqué mon parcours, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel, confie-t-elle. J’ai été témoin direct de ce que le système accomplit avec efficacité, mais aussi des situations où des personnes se retrouvent laissées pour compte. »
De cette prise de conscience est née une volonté d’agir. Mme Smallridge accorde peu d’intérêt aux politiques abstraites. Elle affirme vouloir contribuer à des échanges ancrés dans la réalité des personnes et orientés vers des solutions concrètes.
« Je suis convaincue que l’expérience vécue a toute son importance, et je souhaitais veiller à ce que les voix des résidentes et des résidents soient véritablement entendues. »
Ses trois petits-enfants constituent également une source constante de motivation. Elle confie qu’ils lui rappellent toute l’importance de ce type d’engagement bénévole, bien au-delà de l’immédiat.
« Ils jouent un rôle déterminant dans mon engagement bénévole et nourrissent mon travail incessant dans la région, dit-elle. Je souhaite contribuer à bâtir un avenir plus sain et plus empreint de compassion pour la prochaine génération, et laisser derrière moi un monde meilleur que celui que j’ai connu. »
Ce qui l’a le plus marquée
Depuis son arrivée au Conseil communautaire, Mme Smallridge confie être vivement encouragée par la qualité des échanges et l’esprit de collaboration authentique qui anime les discussions.
« Ce qui m’a le plus frappée, c’est la volonté sincère d’écouter et de collaborer, dit-elle. Les échanges sont réfléchis et centrés sur l’amélioration des soins, de l’accès et de la communication pour les patients, leurs familles et leurs proches aidants. »
Elle souligne également que le Conseil communautaire reconnaît profondément que les soins de santé ne peuvent être offerts de manière uniforme à tous, et que l’apport de la population n’est pas simplement chaleureusement accueilli, mais considéré comme indispensable.
« Je suis contente de constater qu’on reconnaît que les soins de santé ne peuvent pas être uniformisés et que la participation des habitants de la région est précieuse pour apporter des changements appréciables. »
Pour quelqu’un qui accompagne quotidiennement des personnes en parcours de maladie, de deuil et de fin de vie, cette reconnaissance revêt une importance toute particulière.
Les failles qu’elle perçoit
Lorsqu’on l’interroge sur les principaux défis des soins de santé dans la région, Mme Smallridge souligne d’emblée ce qu’elle entend fréquemment dans son travail : les personnes ne savent tout simplement pas vers qui se tourner.
« Je crois que l’un des défis majeurs réside dans le sentiment de désorientation et de débordement que ressentent les personnes qui cherchent à se retrouver dans le système de santé, confie-t-elle, particulièrement les personnes âgées, les proches aidants, les personnes aux prises avec des difficultés de santé mentale et celles qui font face à une maladie chronique. »
Elle reconnaît plusieurs enjeux persistants et interdépendants : l’accès aux services, les longs délais d’attente, le soutien insuffisant en santé mentale et l’absence de continuité dans les soins. Ces difficultés, souligne-t-elle, frappent le plus durement celles et ceux qui sont déjà les plus vulnérables.
Mais au-delà de toutes ces lacunes concrètes, Mme Smallridge perçoit un besoin plus fondamental : une transformation de la manière dont le système accueille et traite les personnes qui en font usage.
« Je perçois également un besoin accru de compassion, de communication et d’éducation, afin que les personnes se sentent pleinement autonomes plutôt qu’intimidées dans la gestion de leur santé et de leur bien-être. »
L’autonomisation demeure l’objectif qui guide son action — une nuance qui témoigne de son parcours en tant que doula et accompagnatrice en deuil, des rôles bâtis sur l’accompagnement des personnes vers la reprise de leur équilibre et la réduction de leur sentiment d’isolement.
Ce qu’elle aspire à apporter et à découvrir
Mme Smallridge affirme siéger au Conseil communautaire avec un objectif bien précis : faire preuve d’honnêteté, de compassion et d’engagement, et veiller à ce que les personnes qui n’osent pas toujours s’exprimer soient représentées.
« J’espère contribuer par l’honnêteté, la compassion, la défense des droits et une perspective communautaire forte, confie-t-elle. Je veux aider à porter les voix des personnes qui ne se sentent pas toujours à l’aise de s’exprimer pour elles-mêmes. »
Elle ajoute que son engagement est aussi une occasion de grandir. Elle aspire à approfondir sa compréhension du système de santé, à saisir les formes que peut prendre la collaboration à l’échelle régionale et à découvrir comment les communautés peuvent se rassembler pour bâtir de meilleurs résultats en matière de santé.
Cette démarche reflète ce qui caractérise constamment l’approche de Mme Smallridge dans son travail : se tenir disponible, autant pour contribuer que pour écouter sincèrement.
Son message à l’intention des autres
Pour toute personne qui songe à travailler en santé de proximité ou en mobilisation des patients et des familles, mais qui doute d’avoir sa place, le message de Mme Smallridge est sans équivoque.
« Votre voix a une importance bien plus grande que vous ne le croyez. Vous n’avez pas besoin d’être expert pour changer la donne. » Elle reconnaît que l’engagement peut sembler intimidant, mais souligne que la gratification qui en découle est bien réelle.
« Parfois, l’expérience vécue, la compassion et l’écoute sincère comptent tout autant, confie-t-elle. S’engager peut sembler intimidant au début, mais il est profondément gratifiant de savoir que vous participez à façonner les échanges et les améliorations qui peuvent transformer positivement la vie des autres dans votre communauté. »
Ce message puise ses racines dans son expérience personnelle et dans la conviction que les systèmes de santé les plus aboutis ne sont pas bâtis uniquement par les cliniciens et les administrateurs, mais bien par les gens qu’ils sont destinés à servir.
En tant qu’équipe Santé Ontario, l’ÉSO FLA a l’obligation d’associer les patients, les familles, les partenaires de soins et les personnes qui ont vécu ou qui vivent cette expérience à la planification, à la conception et à l’élaboration des décisions concernant les soins de santé. Le Conseil communautaire est le moyen par lequel nous y parvenons. Des membres comme Mme Smallridge mettent leur expérience personnelle au service des groupes de travail et des discussions à l’échelle de l’ÉSO FLA, contribuant ainsi à bâtir un système de santé qui répond véritablement aux besoins des habitants de la région.
Nous sommes profondément reconnaissants de compter parmi nous la voix et l’expérience de Dawn Smallridge au sein du Conseil communautaire.
